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[ 29 ] J ' a i . v o u l u . m e . p r e n d r e . p o u r . P o l o c h o n

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D'un coup il se sentit très idiot. Il se demandait encore comment il avait fait pour sauter, par quoi il avait été poussé à sauter. Il était frigorifié et ce moment lui rappelait atrocement le soir où il avait sonné chez sa s½ur, quelques jours auparavant. Il était dans le même état que ce soir là. Il avait froid et faim, la culpabilité le rongeait, mais là, il se souvenait. Il avait maintenant une bonne raison de s'en vouloir. Toute son assurance et sa confiance en soi avaient disparues avec Marianne, dans les eaux impures de la Seine.

Il dev
ait aller quelque part, pour se réchauffer, pour pouvoir soulager le poids des larmes. Il ne devait pas retourner chez Julia maintenant, il aurait paru impoli de se sauver puis de revenir comme ça. Comme le lui avait dit Marianne, il avait une famille qui l'entourait. Il marcha donc jusqu'à chez Marine. Les bras croisés et plaqués contre son torse il marcha longtemps. Il avait de plus en plus froid à mesure qu'il avançait, il était mouillé et dégoulinant... Il avait laissé son manteau sur le bord du pont sans chercher à le reprendre. Comme un mauvais souvenir dont on se débarrasse, et qu'on oublie avec le temps. Un SDF le regarda marcher et lui adressa un sourire triste lorsqu'il vit passer ce jeune homme trempé jusqu'aux os et tremblant de froid.

Olivier tourna la poignée de la porte et l'ouvrit instantanément. Marine n'avait pas fermé la porte, et Olivier sourit en sentant cette bonne intention. Ainsi, elle savait qu'il allait rentrer ce soir. Il entra dans la salle de bain en tachant de faire le moins de bruits possible, pour éviter de réveiller sa s½ur et Christopher. Il ne voulait pas l'alerter, ni l'inquiéter, il préférait lui en parler le lendemain... peut être ! Il se déshabilla et se regarda honteusement dans la glace. Elle lui renvoyait un reflet de lui-même qu'il ne connaissait pas. Il se sentit tout d'un coup fragile et des larmes glissèrent le long de ses joues devenues pâles. Il regarda son corps flétri par l'eau qui lui avait presque transpercé la peau. Il frissonna en repensant à l'étrange sensation qu'il avait eu dans le fond de l'eau. Il fit couler l'eau du bain et se plaça sous le jet. Il continuait de pleurer à chaudes larmes, elles se mélangeaient à l'eau chaude qui coulait du robinet. Il sentait que son corps se réchauffait petit à petit et laissa cette douce sensation l'envahir.
Soud
ain Marine entra dans sa salle de bain et Olivier se plaqua le pommeau de douche dans la bouche pour éviter d'avoir à parler. La jeune femme se plaqua elle aussi les mains sur la bouche, voyant son frère dans un tel état. Malgré l'eau et les larmes qui se mélangeaient, on voyait à ses yeux rougis et gonflés qu'il avait passé sa nuit à pleurer. Elle le regarda interdite et apeurée. Dans quelle galère s'était-il encore fourré ? Il baissa la tête et n'osa plus la regarder. N'y tenant plus, Marine fit un pas vers lui et lui releva le menton pour le forcer à la regarder. Il y avait dans le regard du jeune homme une once de pitié.


« Qu'
est ce qui t'es arrivé ? T'étais passé où ? »


La vo
ilà qui recommençait avec ses questions, ses reproches plein des yeux et plein la bouche. Mais il ne lui en tenait pas rigueur, il savait bien qu'elle ne voulait que son bien. Il retira le pommeau de douche de sa bouche et le posa contre son ventre.


« J'a
i... J'ai... failli faire une connerie monumentale... »


Marine le regarda encore avec des questions lui brûlant les lèvres. Elle attendait qu'il parle. Elle s'adossa à l'évier, face à la baignoire.


« Je l'ai fait !

- Quoi
?

-
J'me suis balancé du haut des Invalides.

-
Oh non Oli' ... Non ! Dis moi que c'est pas... vrai !

- Pa
rdon... J'ai voulu m'prendre pour Polochon j'crois ! »


Marine sourit à moitié mais pris peur d'un coup. Elle grimpa dans le bac de la baignoire et se serra violemment contre son frère. Ils restèrent longtemps dans cette position, cherchant les erreurs qui avaient poussées Olivier à agir comme ça. Soudain, elle coupa l'eau et sorti, tendant une serviette brûlante à son frère. Il l'enroula autour de sa taille, et la prit doucement dans ses bras. C'était elle qui versait des larmes à présent, elle pleurait de rage de n'avoir rien vu, de tristesse et d'amour. Un amour infini qui n'existerait jamais qu'entre eux. Elle lui plaça à l'oreille dans un souffle saccadé :

« Prom
ets moi que tu ne retenteras jamais l'expérience de la mort.

-
J'te le jure soeurette... Je t'aime !

-
Moi aussi je t'aime. »




Montage de Coup-de-Keur
Merci beaucoup =)

Musique:
Alexis Murdoch - Orange Sky

Article - 2 avant la fin ='(
J'me suis tellement attachée à eux...

# Posté le dimanche 28 janvier 2007 11:47

Modifié le jeudi 15 février 2007 15:12

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