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[ 27 ] I l . f u m a . u n e . c i g a r e t t e

[ 27 ] I l . f u m a . u n e . c i g a r e t t e
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Paris, 7 Janvier 2007

Olivier se sentit très mal en se rendant compte de l'ampleur des faits qu'il venait de voir se dérouler sous ses yeux. Il avait suffit qu'il s'adosse à la porte de chez Xavier pour qu'il replonge dans un demi sommeil et qu'il se souvienne enfin. Il se détestait, il ne pourrait plus jamais vivre avec une telle responsabilité sur les épaules. En passant énergiquement les mains sur son front, il s'aperçu qu'il suait à grosses gouttes. Son corps avait pris le dessus sur son esprit, ses mains tremblaient et ses dents claquaient.
Perdu
dans ses pensées, il ne savait plus où se mettre ni où aller. Il avait cette étrange sensation que le monde entier le dévisageait, le jugeait, savait l'horrible chose dont il était le coupable. Une voix intérieure lui rappelait sans cesse ses ½uvres. Il ne pouvait se résoudre à rentrer chez Marine, il ne voulait en aucun cas entendre ses questions ou appréhender le jugement qu'elle aurait sur lui. En y réfléchissant, il se prit à penser qu'il avait fait du mal à toutes les femmes qu'il avait rencontrées, même à sa propre mère... Elle avait dû supporter ses crises d'adolescent torturé et les claquements violents de porte lors de leurs fréquentes disputes.
Il r
egarda la grande place vide qui s'offrait devant lui, ne sachant où aller pour que les hommes ne le jugent plus. Mais il ne resta pas très longtemps sans savoir et pour la première fois, se laissa guider par son c½ur.
Il marcha jusqu'à un bâtiment, où il n'était ven
u qu'une seule fois, sonna rapidement à une porte qui s'ouvrit presque immédiatement. La jeune femme ne parut pas surprise de le voir ici, comme si elle s'attendait à sa visite. Elle intima le geste d'entrer, mais sitôt le seuil franchit, Olivier fondit en larmes dans les bras de Julia, impuissante face à cette vague de tristesse mêlée d'une rage infinie. Elle l'entoura comme elle pût de ses bras, et l'entraîna dans son canapé où ils s'assirent maladroitement. Elle ne chercha pas à savoir ce qui lui passait par la tête car il nota sur un bloc note qui traînait sur la table « Je suis un assassin ». Julia haussa les yeux au ciel, en découvrant de message bien mystérieux, et s'empara d'un stylo pour dessiner un énorme point d'interrogation au milieu de la feuille. Elle n'obtint qu'une réponse concise.
«
Marianne s'est jetée d'un pont, portant mon enfant, dans un élan de désespoir... Par ma faute »
En lisant cette phrase tell
ement lourde de conséquences, la jeune médecin leva lentement les yeux sur son ami. Elle le regarda désolée, avec un regard emprunt de douceur et de douleur qui paraissait lui crier « Je ne te juge pas ! » Presque soulagé de rencontrer un regard comme le sien, Olivier redoubla en pleurs, et se blotti doucement dans les bras de son hôte qui était presque restée de glace durant cet échange silencieux.

« J'imagine que tu as revu ce moment. J'imagine aussi que ça a
été très douloureux, ce qui justifie ton état... »

Mais
Olivier ne répondit pas, s'enfonçant un peu plus sans les bras de la jeune femme, en l'entraînant contre lui. Elle senti le sol se dérober sous ses pieds sous le coup de l'émotion. Elle ne s'était jamais sentie aussi bien dans les bras d'un homme aussi démuni qu'il soit. Elle sentait qu'il laissait aller sa tête contre son cou et qu'il respirait son parfum en la caressant du bout du nez. Malgré toute la misère et la culpabilité qui l'accablaient, Olivier sentait qu'il sombrait entre les bras du sommeil, mais Julia ne le laissa pas plus longtemps s'éterniser dans cette douce sensation. Elle se redressa, le pris par la main et ils se dirigèrent vers la chambre.

Ils se g
lissèrent sous les couvertures, mais laissèrent la lumière allumée. Ils ne se parlaient pas, adossés contre le rebord du lit, mais il régnait une sorte d'ambiance sereine qui le rassura. Cette chambre était vraiment différente de celle dans laquelle il avait dormi la nuit dernière. Elle était même tout le contraire, une pièce chaleureuse, accueillante, avec des couleurs et de vrais rideaux. Rien à voir avec une chambre vide d'hôpital.
Olivier se risqua à prendre la main de la jeune femme dans la sienne et la porta à sa bouche, la couvrant de baisers. Ce geste presque anodin la fit frémir et elle tourna la tête vers lui, refusant de céder à ses sentiments. Il planta son regard dans les yeux brouillés de la jeune femme qui semblait chercher des réponses dans ses yeux. Immanquablement les lèvres du jeune homme virent déposer un tendre baiser sur celles de la jeune femme. Elle se laissa faire se sentant défaillir face à cette vague de bonheur qui s'abattait sur eux. Leurs lèvres se séparèrent un instant pendant lequel ils se regardèrent comme jamais ils ne s'étaient vraiment regardés. Comme s'ils se découvraient sous un nouveau jour. Il l'allongea sur le lit et roula doucement sur elle, sans jamais laisser leurs lèvres se séparer. Ils se sentaient, se touchaient, se frôlaient, ils sentaient le souffle de l'être aimée sur leurs joues, sur leurs lèvres, plus rien n'avait d'importance... Julia se blottit tendrement tout contre lui et ils s'endormirent presque sereinement...

Quelques heures plus tard,
Olivier se réveilla en sursaut. Encore ce mauvais rêve qui le hantait. Un cauchemar qui était malgré tout l'horrible vérité, qui lui était sans cesse renvoyée par le terrible miroir de la culpabilité. Il se sentit investi d'une curieuse mission en se criant mentalement « Je suis un assassin... Je dois payer !» Il sortit du lit en prenant grand soin de ne pas réveiller Julia. Il fouilla dans les poches de son manteau, jeta ses papiers d'identité sur le sol de la chambre qui lui avait parut être son seul refuge quelques heures auparavant. Il se sépara de sa montre, du cordon noir qu'il avait autour du cou et de la chevalière qui encerclait son auriculaire gauche, les posant nonchalamment sur la table de nuit. Il soupira en voyant le visage tranquillement endormi de Julia. Il l'avait retrouvée, mais pas dans de bonnes circonstances. Il s'approcha doucement d'elle, remonta la couverture sur elle pour qu'elle évite de prendre froid. Il soupira en lui murmurant à peine audiblement « A bientôt... »

Décidé, e
t ayant perdu toute notion rationnelle, il s'élança, comme souvent, dans la nuit noire, se répétant « Je suis un assassin... Je dois payer !» Dehors, il n'y avait pas âme qui vive, comme si le monde s'était définitivement arrêté de tourner, à moins que ce ne soit sa vision du monde qui ait changée. Il se promenait sur l'un des nombreux quais de la ville de Paris, près du pont des Invalides.
« J
e suis un assassin... Je dois payer !»
Au bout d'un moment il cher
cha s'il n'avait pas encore des signes reconnaissables sur lui, fuma une cigarette ; se sépara de son manteau qu'il déposa à terre, et sauta d'un bond en enjambant la rambarde du Pont des Invalides...


Montage de Zaza ^^
Oh mais ohhh mais comme j'adore ton montage ^^
Vraiment merci! <3
Il est tout joli, et je l'adore ^^ (moi aussi j'me répète!)
J'te fais un Gros Bisous tout plein de bave ^^'
Au cas où, j'dis bien au cas où vous ne connaitriez pas encore
sa formidable fiction, je vous encourage fortement à la lire!!

# Posté le mardi 16 janvier 2007 16:14

Modifié le lundi 12 mars 2007 14:00

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