[ 25 ] T u . a s . d e s . r é p o n s e s . à . m e s . q u e s t i o n s

[ 25 ] T u . a s . d e s . r é p o n s e s . à . m e s . q u e s t i o n s
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Olivier tourna la clé dans la serrure et la porte s'ouvrit sur l'appartement de Marianne. Rien n'avait changé, tout était dans un ordre étonnant. Toute la pièce était baignée d'une clarté naturelle qui émanait de la grande baie vitrée du salon donnant aux meubles de la pièce une toute autre allure que des meubles sombres et tristes.
Qui aurait pu se dout
er qu'en quittant ce petit appartement tranquille, Marianne avait déjà décidé de son avenir, et par la même occasion, de celle de son enfant ?
Il tira une chaise de sous la tabl
e du salon et s'y installa. L'endroit était chargé en souvenirs et il sourit en y repensant... Mais l'ombre noire de la culpabilité vint le saisir presque aussitôt ? Il se prit la tête entre les mains et resta quelques instants dans cette position, comme pétrifié, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'une larme coulait le long de sa joue pâle. Surpris par cette vague de tristesse qui, peu à peu, prenait possession de lui, il l'essuya d'un geste rapide et regarda tout autour de lui dans la pièce et inspecta l'appartement. La pile de disques était toujours au même endroit, et la collection de DVD était toujours aussi impressionnante. Il sourit en pensant à toutes ses soirées télé qu'ils s'étaient faites tous les deux, pleurant ou riant ensemble devant des films qui n'en valait parfois, pas la peine. Il continua à regarder toute la maison et se trouva devant la porte de sa chambre. Grande ouverte, on pouvait voir que Marianne était partie sans prendre la peine de faire son lit, et qu'un agenda ouvert était posé sur sa table de chevet. Olivier hésita avant de le prendre mais la tentation était bien trop forte. Il prit l'agenda, s'assit sur le lit avec et le feuilleta rapidement. Des rendez-vous y étaient inscrits ainsi que d'autres choses plus futiles comme « Soldes » inscrit à la date du 10 Janvier 2007... Malheureusement, elle n'aura pas eu l'occasion de s'y rendre...
Olivier remarqua que le prénom Xavier était écrit et entouré en rouge à la date du 31 Décembre. Aussitôt, toutes les informations accumulées dans son esprit depuis cette dernière semaine, s'agitèrent et il se souvint de ce Xavier. Soulagé, il poussa un cri de joie. Cet homme serait peut être la clé de son problème. Sans plus attendre, il referma l'agenda, le remit à sa place et quitta l'appartement pour se rendre dans un autre, un peu plus loin dans la ville.
Il
s'apprêtait à sonner à la porte quand il reçu un appel. A l'autre bout du fil, il reconnu la voix de sa s½ur. Inquiète, elle lui déversa un flot de paroles et de remontrances...

«
T'as conscience que t'as fait un truc totalement inconscient ?

- Oui... Oui merci de me le
rappeler ! J'vis avec ce sentiment depuis une semaine entière tu sais.

- T'as encore vu un
souvenir resurgir ?

- Bien sur. Mais j'aurai
dû m'y attendre ! Marine, j'dois te laisser p'tite s½ur... J'te jure que tout va bien, et que j'ai peut être la solution à mon problème.

- Quoi ?

- Tu le sauras bien assez tôt
! J't'embrasse. »


Il raccrocha et se rendit
compte qu'il commençait à faire nuit lorsqu'il frappa à la porte, mais personne ne lui répondit alors il frappa une deuxième fois. Il entendit quelqu'un râler et une clé tourner dans la serrure. La porte s'ouvrit sur un homme d'une trentaine d'années qui fixait Olivier de la tête aux pieds, une lueur de dégoût dans les yeux.

« Salut
Xavier ! dit-il maladroitement.

-
Olivier... Que me vaut le plaisir de ta visite ? répondit Xavier d'un ton qui se voulait neutre et détaché.

- En fa
it je crois que tu détiens des réponses à mes questions.

- Tu compte
s sur moi pour t'aider ? Alors ça c'est la meilleure !! Tu te souviens de ce que tu as fait quand même ? Tu as le culot de te pointer ici, la bouche en c½ur...

- Pardonne moi mais...
Non. J'me souviens pas... »


Xavier continua de fixer Olivier et se demanda si il disait vrai. Il paraissait sincère, et devant son air désemparé, il ne put s'empêcher de lui lancer :

« All
ez entre !

- Merci...

- J'te sers quelque
chose ?

- Non merci, je préférerais a
voir l'esprit clair...

- Soyons francs
Olivier. Je n'sais pas ce qui t'amène mais je n'ai pas la moindre petite intention de t'aider !

-
J'espérais juste que tu me rafraîchisses un peu la mémoire.

- Laisse moi deviner... Hum,
tu ne sais plus avec quelle fille tu as couchier soir ? lui envoya-t-il en pleine figure.

- Pas du tout. J'voudrais que tu m'rafr
aichisses la mémoire j'viens de te le dire.

- Désolé vieux, j'vois pas tellement c'que j'pourrais faire pour toi !

- Peut être que..
. tu pourrais me dire pourquoi ta meilleure amie s'est suicidée ! »


Xavier manqua de s'étouffer. Le dégoût qu'il avait dans le regard s'était transformé en haine, à cause de cette toute petite phrase. C'était à cause de lui bien sûr qu'elle s'était suicidée, et il avait le toupet de venir chez lui pour lui en demander la raison. Sa Marianne, si fragile et si forte à la fois, son amie, sa s½ur et même bien plus que ça. Ce qu'il ressentait pour elle dépassait les limites de l'imaginable, il s'était tisser entre eux depuis l'enfance, un lien indéfectible qui ne saurait être transformé ou détruit. Même dans la mort i continuait à l'aimer encore, toujours plus fort chaque jour qu'il passait à penser à elle.

« Tu t'fous d'ma gueule ? demanda-t-il t
rès en colère.

- Ecoute
Xav', j'sais que j'ai pas toujours été correct avec Marianne, d'ailleurs elle a dû te raconter... Mais j'ai besoin que tu m'aides sur ce coup là !

- J'
viens de te dire que j'ferai rien pour toi !

- Mais dis moi ! Dis moi !! J'consulte un p
sy et j'fous toute ma famille dans un état de nerf constant... parce que j'ai subi un choc psychologique que je ne saurais expliquer. Le problème de ma petite histoire est que... le choc a été tellement important pour moi que j'ai effacé volontairement l'élément de ma mémoire. Depuis une semaine j'dors plus parce que j'ai peur de rêver ! Ben oui... parce que ce qui est encore plus marrant, c'est que j'me souviens de quelques trucs par bribes en rêvant !

- C'est complètement dingue t
on histoire, j'te crois pas une seconde ! le coupa Xavier incrédule.

- Pourtant... C'est
la vérité. J'te rassures, j'me suis bien rendu compte que j'suis un connard fini, incapable de faire du bien dans mon entourage. J'en ai tout à fait conscience. Seulement j'suis sûr que tout ça vient du suicide de Marianne...

- C'est quoi le dernier truc dont tu t
'es souvenu ? demanda Xavier, se clamant un peu.

-
Marianne venait de m'annoncer sa grossesse. J'étais complètement abasourdi par la nouvelle, j'ai pas réagi, sauf quand elle a claqué la porte en courant dans les escaliers de mon immeuble.

- Si j'peux me permettre.
.. T'es un beau salaud !

- Merc
i du compliment mais malheureusement j'me sens pas d'attaque pour répliquer !

- T'as pas un
e petite idée des raisons qui l'ont poussées à sauter ?

- Si, bien sûr mais...

- Mais tu r
efuses de voir les choses en face !! Ah oui... Ah oui ça fait mal d'apprendre que quelqu'un s'est foutu en l'air à cause de nous. Parce que la vérité Olivier, c'est qu'elle a sauté de ce putain d'pont à cause de toi !! Elle a passé sa vie à essayer de se créer une vraie famille. Quand elle avait 18 ans, son père l'avait déjà abandonnée depuis longtemps et sa mère venait de mourir... Il ne lui restait plus que moi, un fidèle ami d'enfance. Elle est allée d'aventures en aventures jusqu'au jour où elle t'a trouvé, toi. Toi et tes p'tites manies, toi et ta tendresse, toi et ton putain d'caractère... Elle m'en a parlé de toi tu sais, et bien des fois. C'est chez moi qu'elle venait pleurer toutes ses peines quand elle se rendait bien compte que tu ne l'aimais plus. Et c'est encore chez moi qu'elle est venue lorsqu'elle a appris qu'elle était enceinte. Elle savait pas quoi faire tu comprends... Elle voulait pas subir un autre avortement, et elle voulait pas te perdre. Elle n'a trouvé qu'une autre solution apparemment. C'était toi... ou elle ! »

Olivier ne savait plus où se mettre et le poids de la culpabilité le rongeait toujours plus fort petit à petit. Xavier lui avait fait voir la vérité en face.

« J'crois que j'vais m'en aller...

- Attends tu n'veux pas que je...

- Non, merci. J'm'en vais et j't'assures que tu n'entendras plus jamais parler de moi.

- Bi
en. »


Xavier referma la porte sur lui et il se mit à pleurer. Il avait fait entrer chez lui l'homme à cause de qui la chose qu'il avait de plus précieux au monde, s'était suicidée...

# Posté le mardi 09 janvier 2007 15:59

Modifié le mercredi 09 mai 2007 10:00

[ 26 ] E l é m e n t a i r e . m o n . c h è r . W a t s o n !

[ 26 ] E l é m e n t a i r e . m o n . c h è r . W a t s o n !
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Paris, 31 Décembre 2006


Olivier, enfin tiré de sa léthargie, attrapa sa veste qu'il avait jetée sur la table basse et claqua la porte de son appartement en sortant. Il courut dans les escaliers mais se heurta à un problème de taille arrivé à la porte de l'immeuble. Le temps qu'il réagisse Marianne pouvait déjà être bien loin. Il ne savait pas par où passer. Il fut immédiatement pris de remords et il se demandait encore comment il avait pu rester autant de temps sans réagir. Il allait être père et cette perspective ne le réjouissait guerre, mais il savait qu'il devrait prendre sur lui pour veiller sur Marianne et son enfant.
Il regr
ettait aussi que ce soir soit un soir de fête et que tout le monde s'agite dans les rues de Paris. L'heure était à la gaîté de fêter la nouvelle année, et pourtant leurs vies à tous les deux venaient tout juste de prendre un tournant plus sombre. Guidé par son intuition il s'élança vers sa droite et courut jusqu'à en perdre haleine. Il regarda les visages et les silhouettes des personnes qu'il croisait, espérant retrouver Marianne parmi la foule. Il écuma les bars, les brasseries, les restaurants, et même le petit café resté ouvert plus tard ce soir là, où ils s'étaient rencontrés.
Il n'avait aucune idée de
l'endroit où la jeune femme pouvait se trouver. Dépité, il erra quelques heures dans les grandes rues quand il l'aperçue sur le pont Mirabeau. Sa silhouette, ses cheveux et sa démarche, tout, la trahissait, il s'agissait bien d'elle. Doucement, mais sûrement, il la rejoint. Sentant une présence à côté d'elle, elle se tourna et émit un soupir en le voyant.


« Je ne m'atte
ndais pas à ce que tu viennes me rejoindre, et surtout... que tu saches où me trouver. »


Olivier ne répondit rien à cela, préférant éviter toute confrontation. Evidemment, il n'avait su la retrouver que par hasard. Ils marchèrent silencieusement tous les deux jusqu'à l'autre bout de la rive, sur ce pont. Olivier n'osait pas déranger ce silence pesant qui s'était installé entre eux depuis qu'elle s'était enfuie de son appartement. Elle, ne semblait pas d'humeur très loquace, et il remarqua qu'elle faisait les cent pas sur ce pont, et Olivier commençait à trouver ça dangereux. Il risqua une parole.


« Tu sai
s... j't'aiderai.

- Tu m'a
ideras pour quoi ? demanda-t-elle violement.

- Pour
le bébé...

- Quel bébé ?
Mon bébé oui, mais le tien je ne sais pas !

- Est-ce
que tu es en train de me dire que cet enfant n'est pas le mien ?

- Non, c'est l
e tien rassures toi ! Je ne vais pas voir ailleurs lorsque je suis avec quelqu'un... moi. »


Cette petite
phrase lui avait coûté cher, elle avait déclaré ça avec un naturel déconcertant. Elle s'arrêta de marcher, comme bloquée par un vertige, mais aussitôt son visage se rembrunit, et le regardait avec une expression étrange de désespoir dans les yeux. Il ne la comprenait plus.


« Je viens de te d
ire que je serai là pendant ta grossesse et après !

- Je ne veux pas d'un père présent de force pour mon enfant.

- Je ne...

- Je ne
veux pas que tu te forces, autant que je ne veux pas avoir d'enfant sans père. »


Elle ne dit plus rien u
n moment, laissant glisser ses mains contre le rebord du pont, presque amoureusement. Lorsqu'elle le touchait comme ça, on aurait dit qu'elle trouvait un nouveau sens à sa vie, une nouvelle échappatoire à l'ennui et à tous ses problèmes. Elle eu un rictus, sa lèvre supérieur retroussée, en levant la tête vers lui.


«
J'venais juste d'entrer dans l'age adulte... enfin légalement, quand ma mère est morte. J'me retrouvais seule, vraiment, pour la première fois. Il m'restait plus rien à part cette envie de me recréer une famille, une vraie, soudée, unie et aimante. Une famille qui m'laisserait pas tomber à la moindre petite difficulté. Puis j't'ai rencontré, il y a environ huit mois. J'suis tout de suite tombée amoureuse de toi tu sais... Avec tes mimiques et ta gestuelle tu m'a séduite ; puis tu te baladais toujours avec un sourire en coin, alors j'me suis dit que ça irait bien avec ma tristesse chronique. Mais tout s'est gâté il y a quelques semaines, quand j'ai appris que j'étais enceinte. A partir de ce moment là, tu t'es rendu distant, voire même absent quelques fois... Comme si t'avais déjà deviné. »


Elle leva les yeux vers lui pour la première fois depuis le début de son long monologue. Elle les avait gardés rivés sur le sol, cherchant à éviter sa réaction. De toute façon, tout était déjà décidé. Marianne continuait à caresser le pont comme une chose précieuse. Elle s'en rapprochait de plus en plus, et de plus en plus dangereusement.
Olivier qui n'avait rien dit jusqu'à lors, de peur de briser ce précieux instant où elle se confiait à lui, pris peur et s'approchait lui aussi du pont, pour tenter de limiter les dégâts.


«
Marianne, arrête ! Qu'est ce que tu fais... ? C'est dangereux ! »


Mais il s'époumo
nait en vain. Elle avait déjà entreprit de grimper sur le rebord et elle laissait pendre ses jambes dans le vide. Une rafale de vent vint lui caresser le visage, faisant voler les cheveux ça et là. Elle émit un petit rire comme si ce souffle glacé allait la décider dans son entreprise mortelle. Elle laissa tomber sa tête en arrière, profitant de voir Olivier dans un état de panique grandissant.


«
Ben alors, qu'est ce qu'il t'arrive ? Tu t'inquiètes pour moi ? demanda-t-elle.

- On dirait que tu es ivr
e, arrête tes bêtises, et descend de là, répliqua-t-il d'un ton autoritaire.

-
Tu comptes me donner des ordres alors que j'suis en train d'te démontrer que t'as rien à faire avec moi, si ce n'est perdre ton temps ?

- Dis pas n'importe quoi
... J't'en pris, descend de là. »


Le ton qu'il av
ait employé montrait son affection pour elle, bien qu'elle se soit un peu estompée ses derniers temps. Marianne eu presque pitié de lui et lâcha les mains pour l'impressionner. Affolé, il se précipita vers elle et lui attrapa le bras. Il tenta de la faire descendre en imprimant une pression sur son épaule mais rien n'y faisait.
A présent, le sourir
e de la jeune femme s'était transformé. Ce n'était plus un rictus qui trônait sur son visage mais sa tristesse habituelle qui avait repris le dessus. Leurs deux visages étaient tout près l'un de l'autre, et elle put sentir son souffle saccadé, comme pétrifié par avance de son geste futur... Elle le regarda tristement une dernière fois, lui déposa un simple baiser sur ses lèvres sèches, et lâcha complètement les mains de la rambarde. Son corps partant pour une effroyable fuite en avant vertigineuse qui finit dans le fond des eaux noires de la Seine.


Ce sp
ectacle horrible se déroula au ralentit sous les yeux d'Olivier. Les yeux révulsés par la scène, il ne put s'empêcher de réprimer un cri intérieur. Un cri violent qui sortait de ses entrailles les plus profondes. Ce cri qu'on réserve pour des choses horribles. Le suicide de Marianne faisait parti de ces choses là. La soudaineté du geste, le rendait encore plus pénible au jeune homme, qui était resté impuissant face à la détresse de son ancienne petite amie. Il se recroquevilla sur lui-même, adossé à la rambarde, et pleura de tristesse, de rage et de culpabilité. Les gens qui passaient par là ne faisaient même pas attention à lui, et aucun n'aurait pu s'imaginer le drame qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt. Il sanglotait à grosses larmes, se tordant les mains de honte, se passant les doigts dans les cheveux violement, comme s'il avait voulu s'arracher le crâne pour se scalper, comme on fait aux ennemis dans les tribus Amérindiennes.
Ce n'est
qu'après quelques minutes, après s'être abandonné dans les bras de la culpabilité qu'il se décida à appeler les secours. Il sorti fébrilement son portable de sa poche, et composa le numéro 18 de ses doigts encore tremblants. Il marmonna lorsque les pompiers lui demandèrent où avait eu lieu l'accident.


Il prit conscie
nce que tout ça n'était pas un cauchemar lorsqu'il se mêla à la foule des passants curieux qui venaient voir ce corps mouillé sortir de la Seine. Il entendit la voix de deux inspectrices de police, il sourit en entendant leurs noms.


La pr
emière cria quelque chose à l'attention de la deuxième

«
Watson, viens voir, j'ai trouvé un truc, cria-t-elle à l'interpellée

- Quoi
? T'as trouvé un cadavre ?

- Ahaha... très drôle ! A
rrête tes sarcasmes tu veux... Regarde, elle s'appelait Marianne.

- Tu fais de
s progrès de jours en jours Holmes... Tu sais lire ! »


Siphora allait répliquer lorsque le chef de la police scientifique les appela.


«
Marianne Padovani, dans les trente ans... dans l'eau depuis 23h30 environ.

- Vous avez déjà contacté
la famille ? demanda Safrane.

- Non, aucune trace de
sa famille...

- Merde !
Suicide ?

- Elémentaire mo
n cher Watson, lui répliqua Siphora. Emmenez la moi à l'hôpital Necker pour une autopsie s'il vous plait. Reste à savoir... Pourquoi elle s'est suicidée. »


L'u
ne s'appelait Safrane Watson, et l'autre Siphora Holmes... drôle de nom pour deux flics qui font équipe. Et il se mit à maudire Conan Doyle, qui lui faisait cet horrible clin d'½il pour lui signifier que son acte était parmi l'un des pires. Après tout... C'était lui l'assassin dans cette histoire de suicide !


Abasourd
i par cette scène à laquelle il avait assisté, impuissant, et dont il était la cause, Olivier effaça volontairement le fait de sa mémoire et se mit à errer dans la nuit, de la capitale...

# Posté le dimanche 14 janvier 2007 16:56

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:05

[ 27 ] I l . f u m a . u n e . c i g a r e t t e

[ 27 ] I l . f u m a . u n e . c i g a r e t t e
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Paris, 7 Janvier 2007

Olivier se sentit très mal en se rendant compte de l'ampleur des faits qu'il venait de voir se dérouler sous ses yeux. Il avait suffit qu'il s'adosse à la porte de chez Xavier pour qu'il replonge dans un demi sommeil et qu'il se souvienne enfin. Il se détestait, il ne pourrait plus jamais vivre avec une telle responsabilité sur les épaules. En passant énergiquement les mains sur son front, il s'aperçu qu'il suait à grosses gouttes. Son corps avait pris le dessus sur son esprit, ses mains tremblaient et ses dents claquaient.
Perdu
dans ses pensées, il ne savait plus où se mettre ni où aller. Il avait cette étrange sensation que le monde entier le dévisageait, le jugeait, savait l'horrible chose dont il était le coupable. Une voix intérieure lui rappelait sans cesse ses ½uvres. Il ne pouvait se résoudre à rentrer chez Marine, il ne voulait en aucun cas entendre ses questions ou appréhender le jugement qu'elle aurait sur lui. En y réfléchissant, il se prit à penser qu'il avait fait du mal à toutes les femmes qu'il avait rencontrées, même à sa propre mère... Elle avait dû supporter ses crises d'adolescent torturé et les claquements violents de porte lors de leurs fréquentes disputes.
Il r
egarda la grande place vide qui s'offrait devant lui, ne sachant où aller pour que les hommes ne le jugent plus. Mais il ne resta pas très longtemps sans savoir et pour la première fois, se laissa guider par son c½ur.
Il marcha jusqu'à un bâtiment, où il n'était ven
u qu'une seule fois, sonna rapidement à une porte qui s'ouvrit presque immédiatement. La jeune femme ne parut pas surprise de le voir ici, comme si elle s'attendait à sa visite. Elle intima le geste d'entrer, mais sitôt le seuil franchit, Olivier fondit en larmes dans les bras de Julia, impuissante face à cette vague de tristesse mêlée d'une rage infinie. Elle l'entoura comme elle pût de ses bras, et l'entraîna dans son canapé où ils s'assirent maladroitement. Elle ne chercha pas à savoir ce qui lui passait par la tête car il nota sur un bloc note qui traînait sur la table « Je suis un assassin ». Julia haussa les yeux au ciel, en découvrant de message bien mystérieux, et s'empara d'un stylo pour dessiner un énorme point d'interrogation au milieu de la feuille. Elle n'obtint qu'une réponse concise.
«
Marianne s'est jetée d'un pont, portant mon enfant, dans un élan de désespoir... Par ma faute »
En lisant cette phrase tell
ement lourde de conséquences, la jeune médecin leva lentement les yeux sur son ami. Elle le regarda désolée, avec un regard emprunt de douceur et de douleur qui paraissait lui crier « Je ne te juge pas ! » Presque soulagé de rencontrer un regard comme le sien, Olivier redoubla en pleurs, et se blotti doucement dans les bras de son hôte qui était presque restée de glace durant cet échange silencieux.

« J'imagine que tu as revu ce moment. J'imagine aussi que ça a
été très douloureux, ce qui justifie ton état... »

Mais
Olivier ne répondit pas, s'enfonçant un peu plus sans les bras de la jeune femme, en l'entraînant contre lui. Elle senti le sol se dérober sous ses pieds sous le coup de l'émotion. Elle ne s'était jamais sentie aussi bien dans les bras d'un homme aussi démuni qu'il soit. Elle sentait qu'il laissait aller sa tête contre son cou et qu'il respirait son parfum en la caressant du bout du nez. Malgré toute la misère et la culpabilité qui l'accablaient, Olivier sentait qu'il sombrait entre les bras du sommeil, mais Julia ne le laissa pas plus longtemps s'éterniser dans cette douce sensation. Elle se redressa, le pris par la main et ils se dirigèrent vers la chambre.

Ils se g
lissèrent sous les couvertures, mais laissèrent la lumière allumée. Ils ne se parlaient pas, adossés contre le rebord du lit, mais il régnait une sorte d'ambiance sereine qui le rassura. Cette chambre était vraiment différente de celle dans laquelle il avait dormi la nuit dernière. Elle était même tout le contraire, une pièce chaleureuse, accueillante, avec des couleurs et de vrais rideaux. Rien à voir avec une chambre vide d'hôpital.
Olivier se risqua à prendre la main de la jeune femme dans la sienne et la porta à sa bouche, la couvrant de baisers. Ce geste presque anodin la fit frémir et elle tourna la tête vers lui, refusant de céder à ses sentiments. Il planta son regard dans les yeux brouillés de la jeune femme qui semblait chercher des réponses dans ses yeux. Immanquablement les lèvres du jeune homme virent déposer un tendre baiser sur celles de la jeune femme. Elle se laissa faire se sentant défaillir face à cette vague de bonheur qui s'abattait sur eux. Leurs lèvres se séparèrent un instant pendant lequel ils se regardèrent comme jamais ils ne s'étaient vraiment regardés. Comme s'ils se découvraient sous un nouveau jour. Il l'allongea sur le lit et roula doucement sur elle, sans jamais laisser leurs lèvres se séparer. Ils se sentaient, se touchaient, se frôlaient, ils sentaient le souffle de l'être aimée sur leurs joues, sur leurs lèvres, plus rien n'avait d'importance... Julia se blottit tendrement tout contre lui et ils s'endormirent presque sereinement...

Quelques heures plus tard,
Olivier se réveilla en sursaut. Encore ce mauvais rêve qui le hantait. Un cauchemar qui était malgré tout l'horrible vérité, qui lui était sans cesse renvoyée par le terrible miroir de la culpabilité. Il se sentit investi d'une curieuse mission en se criant mentalement « Je suis un assassin... Je dois payer !» Il sortit du lit en prenant grand soin de ne pas réveiller Julia. Il fouilla dans les poches de son manteau, jeta ses papiers d'identité sur le sol de la chambre qui lui avait parut être son seul refuge quelques heures auparavant. Il se sépara de sa montre, du cordon noir qu'il avait autour du cou et de la chevalière qui encerclait son auriculaire gauche, les posant nonchalamment sur la table de nuit. Il soupira en voyant le visage tranquillement endormi de Julia. Il l'avait retrouvée, mais pas dans de bonnes circonstances. Il s'approcha doucement d'elle, remonta la couverture sur elle pour qu'elle évite de prendre froid. Il soupira en lui murmurant à peine audiblement « A bientôt... »

Décidé, e
t ayant perdu toute notion rationnelle, il s'élança, comme souvent, dans la nuit noire, se répétant « Je suis un assassin... Je dois payer !» Dehors, il n'y avait pas âme qui vive, comme si le monde s'était définitivement arrêté de tourner, à moins que ce ne soit sa vision du monde qui ait changée. Il se promenait sur l'un des nombreux quais de la ville de Paris, près du pont des Invalides.
« J
e suis un assassin... Je dois payer !»
Au bout d'un moment il cher
cha s'il n'avait pas encore des signes reconnaissables sur lui, fuma une cigarette ; se sépara de son manteau qu'il déposa à terre, et sauta d'un bond en enjambant la rambarde du Pont des Invalides...


Montage de Zaza ^^
Oh mais ohhh mais comme j'adore ton montage ^^
Vraiment merci! <3
Il est tout joli, et je l'adore ^^ (moi aussi j'me répète!)
J'te fais un Gros Bisous tout plein de bave ^^'
Au cas où, j'dis bien au cas où vous ne connaitriez pas encore
sa formidable fiction, je vous encourage fortement à la lire!!

# Posté le mardi 16 janvier 2007 16:14

Modifié le lundi 12 mars 2007 14:00

[ 28] J ' v e u x . p a s . q u e . t u . f a s s e s . ç a .

[ 28] J ' v e u x . p a s . q u e . t u . f a s s e s . ç a .
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Il était tombé net. Il n'avait pas fait d'écorchures, et presque pas d'éclaboussures. Il avait fait une belle chute, si on parlait d'un point de vue uniquement physique. Presque pas un bruit, juste un murmure, comme un galet qu'on jetterait dans l'eau pour faire des ricochets. Personne n'avait remarqué qu'un homme âgé d'une trentaine d'années avait sauté du Pont des Invalides quelques minutes plus tôt, ni l'eau sombre de la Seine qui se mouvait en combat presque animal.

Olivier avait décidé de ne pas tenter de remonter à la surface de l'eau mais l'air lui manquait atrocement, il sentait l'eau prendre possession de ses poumons et déjà la tête lui tournait. Il s'enfonçait petit à petit dans l'eau, et il commençait à se sentir bien, comme si un médecin lui avait injecté un produit analgésique. Il se sentait imprégné d'eau, comme une éponge. Il avait enfin ce qu'il espérait plus que tout depuis des heures ; il était en train de s'ôter la vie... volontairement. Il avait souhaité s'appliquer la loi du Talion, une vengeance personnelle sur lui, sur Marianne, sur la vie. Mais elle... Elle devait le trouver bien ridicule dans cette étrange posture si seulement elle le voyait !
A présent les fonctions principales de son cerveau étaient annihilées, et il ne pouvait plus que sombrer dans une simple léthargie qui rendrait sa disparition plus douce. Il pensait être seul dans l'eau lorsqu'il sentit près de lui un spectre de lumière. Il se mouvait tout autour de lui le faisant quelque peu remonter vers la surface de l'eau. Il pestait contre cette chose qui lui procurait une sensation de panique. A présent l'eau qu'il sentait courir dans ses bronches paraissait s'être figée, comme glacée, et l'ectoplasme qui s'était enroulé contre lui pris forme. Il se sentit presque sec et pouvait respirer normalement quand l'ectoplasme se mit à lui parler. Il avait la forme d'une jeune femme et avait pris les traits de Marianne...

« Qu'est ce que tu nous fais là ? lui demanda-t-elle abruptement.

- J'es
sayais de me noyer avant que tu t'enroules autour de moi ! Comment ça s'fait que tu puisses... prendre cette forme... ?

- C'es
t une longue histoire tu sais...

-
Marianne... J'voulais t'dire que tu m'manques !

- Je le sais
. Je te vois depuis là où j'suis. Et depuis le soir où j'ai sauté j'peux suivre chacun de tes faits et gestes.

- J'voudrais ne plus faire souffrir personne tu sais.

- Je
sais que tu t'en veux, mais tu n'as pas le droit de faire ça.

-
Ça, quoi ?

-
Te foutre en l'air comme ça ! T'as pas le droit ! T'es en train de briser l'ordre des choses, si tu meurs, quelqu'un dans le besoin ne pourras pas le faire !

- J'm'en veux, et j'veux plus vivre sur terre ! Ca date pas d'hier tout ça...

- Je sais que t'es malheureux. Ne t'en veux pas... Et remonte à la surface.

- J
'ai pas de volonté pour ça.

- Pe
ut être, mais t'as un entourage fort, et qui t'aime. Et puis j't'ai vu avec cette psy. Tu comptes tous les laisser tomber maintenant alors qu'ils se sont démenés pour que tu t'en sortes ?

-
Je n'avais pas vu ça sous cette angle...

- Chut... Maintenant laisse toi faire. »



Olivier se laissa emporté par le spectre de la jeune femme qui l'aida à remonter à la surface. Elle disparut comme elle était arrivée, vite et en se déroulant de son corps. Immédiatement il senti l'eau envahir ses poumons et le souffle lui manquer, alors il entama une lutte contre les eaux sombres de la Seine pour remonter à bord du quai...


Montage de SpringHill-Story ^^
Merci Beaucoup.

# Posté le vendredi 26 janvier 2007 11:26

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:05

[ 29 ] J ' a i . v o u l u . m e . p r e n d r e . p o u r . P o l o c h o n

[ 29 ] J ' a i . v o u l u . m e . p r e n d r e . p o u r . P o l o c h o n
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D'un coup il se sentit très idiot. Il se demandait encore comment il avait fait pour sauter, par quoi il avait été poussé à sauter. Il était frigorifié et ce moment lui rappelait atrocement le soir où il avait sonné chez sa s½ur, quelques jours auparavant. Il était dans le même état que ce soir là. Il avait froid et faim, la culpabilité le rongeait, mais là, il se souvenait. Il avait maintenant une bonne raison de s'en vouloir. Toute son assurance et sa confiance en soi avaient disparues avec Marianne, dans les eaux impures de la Seine.

Il dev
ait aller quelque part, pour se réchauffer, pour pouvoir soulager le poids des larmes. Il ne devait pas retourner chez Julia maintenant, il aurait paru impoli de se sauver puis de revenir comme ça. Comme le lui avait dit Marianne, il avait une famille qui l'entourait. Il marcha donc jusqu'à chez Marine. Les bras croisés et plaqués contre son torse il marcha longtemps. Il avait de plus en plus froid à mesure qu'il avançait, il était mouillé et dégoulinant... Il avait laissé son manteau sur le bord du pont sans chercher à le reprendre. Comme un mauvais souvenir dont on se débarrasse, et qu'on oublie avec le temps. Un SDF le regarda marcher et lui adressa un sourire triste lorsqu'il vit passer ce jeune homme trempé jusqu'aux os et tremblant de froid.

Olivier tourna la poignée de la porte et l'ouvrit instantanément. Marine n'avait pas fermé la porte, et Olivier sourit en sentant cette bonne intention. Ainsi, elle savait qu'il allait rentrer ce soir. Il entra dans la salle de bain en tachant de faire le moins de bruits possible, pour éviter de réveiller sa s½ur et Christopher. Il ne voulait pas l'alerter, ni l'inquiéter, il préférait lui en parler le lendemain... peut être ! Il se déshabilla et se regarda honteusement dans la glace. Elle lui renvoyait un reflet de lui-même qu'il ne connaissait pas. Il se sentit tout d'un coup fragile et des larmes glissèrent le long de ses joues devenues pâles. Il regarda son corps flétri par l'eau qui lui avait presque transpercé la peau. Il frissonna en repensant à l'étrange sensation qu'il avait eu dans le fond de l'eau. Il fit couler l'eau du bain et se plaça sous le jet. Il continuait de pleurer à chaudes larmes, elles se mélangeaient à l'eau chaude qui coulait du robinet. Il sentait que son corps se réchauffait petit à petit et laissa cette douce sensation l'envahir.
Soud
ain Marine entra dans sa salle de bain et Olivier se plaqua le pommeau de douche dans la bouche pour éviter d'avoir à parler. La jeune femme se plaqua elle aussi les mains sur la bouche, voyant son frère dans un tel état. Malgré l'eau et les larmes qui se mélangeaient, on voyait à ses yeux rougis et gonflés qu'il avait passé sa nuit à pleurer. Elle le regarda interdite et apeurée. Dans quelle galère s'était-il encore fourré ? Il baissa la tête et n'osa plus la regarder. N'y tenant plus, Marine fit un pas vers lui et lui releva le menton pour le forcer à la regarder. Il y avait dans le regard du jeune homme une once de pitié.


« Qu'
est ce qui t'es arrivé ? T'étais passé où ? »


La vo
ilà qui recommençait avec ses questions, ses reproches plein des yeux et plein la bouche. Mais il ne lui en tenait pas rigueur, il savait bien qu'elle ne voulait que son bien. Il retira le pommeau de douche de sa bouche et le posa contre son ventre.


« J'a
i... J'ai... failli faire une connerie monumentale... »


Marine le regarda encore avec des questions lui brûlant les lèvres. Elle attendait qu'il parle. Elle s'adossa à l'évier, face à la baignoire.


« Je l'ai fait !

- Quoi
?

-
J'me suis balancé du haut des Invalides.

-
Oh non Oli' ... Non ! Dis moi que c'est pas... vrai !

- Pa
rdon... J'ai voulu m'prendre pour Polochon j'crois ! »


Marine sourit à moitié mais pris peur d'un coup. Elle grimpa dans le bac de la baignoire et se serra violemment contre son frère. Ils restèrent longtemps dans cette position, cherchant les erreurs qui avaient poussées Olivier à agir comme ça. Soudain, elle coupa l'eau et sorti, tendant une serviette brûlante à son frère. Il l'enroula autour de sa taille, et la prit doucement dans ses bras. C'était elle qui versait des larmes à présent, elle pleurait de rage de n'avoir rien vu, de tristesse et d'amour. Un amour infini qui n'existerait jamais qu'entre eux. Elle lui plaça à l'oreille dans un souffle saccadé :

« Prom
ets moi que tu ne retenteras jamais l'expérience de la mort.

-
J'te le jure soeurette... Je t'aime !

-
Moi aussi je t'aime. »




Montage de Coup-de-Keur
Merci beaucoup =)

Musique:
Alexis Murdoch - Orange Sky

Article - 2 avant la fin ='(
J'me suis tellement attachée à eux...

# Posté le dimanche 28 janvier 2007 11:47

Modifié le jeudi 15 février 2007 15:12