[ 20 ] B e n . d i s . l u i !

[ 20 ] B e n . d i s . l u i !
3
Olivier frappa à la porte du bureau de Julia et se permit d'entrer. Il la trouva en pleine consultation avec un patient qui avait l'air endormi. Lorsque Julia le vit elle lui fit signe de ne pas faire de bruit et de se cacher sous son bureau. Il s'exécuta étonné, et ne dit plus rien.


« Bien,
Monsieur Mallory à trois vous sortirez du sommeil lentement... Un, deux, trois. Ca va Monsieur Mallory ?

- Bien.
.. Je me sens reposé, mais avec l'impression d'avoir fait plein de choses dans mon sommeil !

- C'est
normal, l'hypnose est souvent propice à ce genre de choses, puisqu'on fait revivre au patient des souvenirs un peu enfouis parfois, dit-elle en le reconduisant à la porte.

- Et bien merci
Mademoiselle Sitruk !

- De rien, on se revoit de
main pour faire le point sur les séances de cette semaine. »


Après
avoir refermé la porte sur lui, Julia se précipita vers son bureau et passa la tête dessous. Elle vit Olivier accroupi en train de manger. Elle le regarda amusée.


« Qu'
est ce que tu manges ?

- Oh c'est
un BN... Heu... tu en veux ?

- No
n merci ! Tu sors toujours avec des BN dans tes poches ?

- Non, j's
uis parti un peu précipitamment de la maison. J'devais absolument te dire quelque chose !

- Et bien c
ommence par sortir de là dessous, et installe toi en face !

- Oui c
hef ! »


Il s'extirpa de sous le
bureau, épousseta les quelques miettes de biscuit qui s'étaient collées à son pantalon et s'installa en face.


« Ben alors ? T'es deve
nu muet ?

- Non pardon ! Mais j'
avoue que tu m'as surpris... Me cacher sous le bureau et sans faire de bruit, c'est un peu risqué !

-
Il fallait que tu ne fasses aucun bruit et que le patient ne te voit pas... Il était sous hypnose, qui sait ce qui aurait pu arrivé !

-
Alors comme ça tu envoûtes tes patients... !!

- Pour connaître leu
rs souvenirs les plus enfouis oui ! Bon raconte moi... J'parie que tu as refais un rêve !

- Bien joué
Sherlock... Je n'sais même pas par quoi commencer ! J'me suis encore réveillé en sursaut, avec des questions plein la tête, mais mon rêve était on ne peut plus clair... J'me suis pris... un râteau !

- Oh.
.. Le premier de ta carrière ? ajouta Julia un sourire collé au visage.

- Tes sarcasmes te perdront m
a chère, répliqua-t-il en tentant de paraître bien. C'était la fille du Métro... Sofia Torres.

- Tu
veux dire... La comédienne ?

- Ex
actement ! Elle m'a dit qu'elle n'accepterait pas de sortir avec moi car selon elle j'ai un fil à la patte et la bague au doigt.

- Alor
s... Tu étais marié avec Marianne ? demanda Julia de plus en plus étonnée.

- Non... J'suis sûr que
je m'en souviendrais ! Elle a voulu dire que j'étais attaché à une autre femme, et elle l'a senti.

- C
'est ça qui t'a perturbé ?

- Non
, en fait, quand je l'ai quittée, j'ai reçu un SMS de Marianne qui voulait absolument me dire quelque chose. Mais j'ignore complètement de quoi il s'agit !

- T'aurais même
pas une petite idée inconsciemment ?

- Rien... rien du tout ! »

Julia le regarda, tentant de trouver une solution. Son visage s'illumina d'un coup, voyant le dossier de Monsieur Mallory sur son bureau.

« Mais j'y pense... On pourrait
te mettre sous hypnose ! On verrait ce que ça donne !

- Oh j'suis p
as sûr que ce soit une...

-
Olivier ! C'est le médecin qui parle là... pas l'amie ! Il faudrait qu'on te mette sous hypnose pour connaître peut être des réponses à tes questions...

- Alors si c'est la p
sy qui parle... !

- Il faut que j
'en parle à ta s½ur d'abord. C'est quelque chose qui se fait en accord avec le médecin généraliste. Et puis on sera là pour te « surveiller ».

- Si tu me promets que tou
t se passera bien, alors j'te promets que j'accepte !

- Tout se pass
era bien !

- J'accepte, dit-il ap
rès lui avoir tapé dans la main. »




Julia et Olivier descendirent à l'entrée de l'hôpital et guettèrent un taxi. Julia était sortie en blouse et commençait à avoir froid. Olivier lui tendit son écharpe en voyant sa mine frigorifiée.

«
Tiens, j'voudrais pas que tu sois malade par ma faute!" lui glissa-t-il simplement. Elle l'attrappa et l'enroula autour de son cou. Elle tendit alors une main vers le ciel et senti une goutte tomber sur celle-ci. Elle se mit à rire, se sentant bête d'être sortie dehors sans aucune protection contre le froid, ni contre la pluie. Olivier la regarda et se mit à rire lui aussi... Il apprenait tellement de choses négatives sur lui-même qu'il ressentait comme un besoin vital de s'extérioriser. Ils se calmèrent et Julia mit fin à cet instant joyeux en ajoutant :


« Dès que j'en a
i parlé à Marine, on peut commencer l'analyse si tu veux.

- Oui bie
n sur, je compte sur toi!

- Il va
ut mieux faire ça la nuit...

- Co
mment? demanda Olivier incrédule.

- On te garde une nuit à l'hôpital, on te met un joli casque avec des électrodes... Tu t'endors sagement et nous, on analyse tes rêves.

- Tu sauras de quoi j'ai rêvé?

-
Pas vraiment non, mais on aura enregistré des pics sur l'activité électrique de ton cerveau.

- Oh! Mo
n taxi arrive! Merci..."

Julia commençait à rentrer à l'intérieur du bâtiment, lorsqu'il l'a héla, près à entrer dans le taxi. Il la dévisagea, mouillée et transie de froid, et lui cria :


« Tu sais...
C'est pas le premier râteau de ma « carrière » comme tu le dis si bien ! J'me suis rendu compte que j'étais amoureux d'une fille depuis que j'ai 15 ans !

- Alors dis lui
au lieu de garder tout ça en toi depuis tout ce temps !

- J'peux pa
s ! J'sais qu'elle n'a que son amitié à m'offrir... »

Julia voulu ouvrir la bouche mais déjà le taxi s'éloignait dans la nuit noire de ce mois de Janvier. Elle se concentra pour rassembler ses esprits, et pénétra dans le bâtiment pour se réchauffer. Elle se rendit compte qu'elle avait gardé son écharpe...

# Posté le dimanche 31 décembre 2006 17:33

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:03

[ 21 ] T o n . i d é e . r é vo l u t i o n n a i r e

[ 21 ] T o n . i d é e . r é vo l u t i o n n a i r e
.
Julia posa l'écharpe d'Olivier dans son sac et se promit de lui rendre lorsqu'elle le verrait. Elle rangeait un peu son bureau quand Marine entra en trombe dans son bureau. Julia sursauta pensant encore avoir affaire à Suarez.

«
Marine enfin ! Frappe ! J'ai cru que c'était Suarez !

- Exc
use moi... excuse moi !

- Bo
n ça tombe bien que tu sois là, j'ai pris une décision pour ton frère, et je pense qu'elle sera bénéfique. Il faut juste qu'on s'organise toutes les deux.

- Q
uelle est cette idée révolutionnaire ?

- En
fait on a pensé au programme d'analyse des rêves... Tu sais, c'est Suarez qui supervise tout ça !

-
Ah oui, le truc où on te colle les électrodes sur la tête, comme pour un encéphalo? Il va avoir l'air malin avec ça !

- Alo
rs t'es d'accord ?

- Oui bien sur... dit-elle sur un ton absent.

- Qu'e
st ce qu'il y a ? T'as pas l'air dans ton assiette.

- C'es
t Christopher ! Il m'a demandé en mariage !

-
Et alors, c'est génial ! Pourquoi tu fais cette tête ? T'as refusé ?

-
J'ai accepté bien sur mais j'me demande pourquoi ! Il m'a fait sa demande un peu... bizarrement !

-
Alors tu n'as pas eu droit à la traditionnelle mise à genou ?

- Pas vra
iment non... On était en train de...

- Jou
er au scrabble avec un feu d'artifice? tenta Julie en riant.

- J'ai dit
oui, emportée par l'euphorie je crois.

- M
ais c'est ce que tu attendais depuis longtemps !

- Oui c'
est vrai. Mais j'trouve ça bizarre cette façon de faire sa demande !

-
Moi j'dirais Original ! Allez fais pas cette tête ! L'important, ce n'est pas la façon dont il l'a fait...

- T'as r
aison ! fit Marine avec une moue boudeuse.

- Je
manque à tous mes devoirs, je ne t'ai même pas félicitée ! »


Les
deux jeunes femmes se levèrent et Julia enlaça Marine. Son bonheur faisait plaisir à voir, et Julia espérait secrètement que son mariage ne se termine pas tragiquement, comme le sien.
Marine la regarda soulagée, et reconnaissante. Elle savait que Julia n'était pas en parfait accord sur certains points avec Christopher, mais elle ne cherchait pas à le juger comme bon nombre de personnes. A présent, plus rien ne comptait que son amour pour lui.


Elles rentr
èrent toutes les deux chez elles. Elles s'endormirent toutes les deux. L'une blottie dans les bras de son homme, l'autre, avec une écharpe enroulée autour du cou.



* le "feu d'artifice" c'est fait exprès? xD
tu VOIS?
TOUT?!*

# Posté le lundi 01 janvier 2007 06:49

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:03

[ 22 ] L a . l o i . d ' I s a a c . N e w t o n

[ 22 ] L a . l o i . d  ' I s a a c . N e w t o n
.
Paris, 6 Janvier 2007


Olivier décrocha son portable. C'était sa soeur, pour la troisième fois de la journée. Elle l'appelait pour lui redire une énième fois de ne pas oublier son rendez-vous à l'hôpital ce soir là. Elle avait tellement peur qu'il ne vienne pas, qu'elle le lui rappelait tout au long de la journée.


«
Tu n'oublies pas, tu dois être là-bas à 21H...

- Commen
t veux-tu que j'oublie alors que tu me l'as répété 10 fois aujourd'hui !

- J'espère
que tu n'as pas trop dormi aujourd'hui sinon tu auras du mal à t'endormir !

-
Marine... Si on n'raccroche pas maintenant, j'vais être en retard !

- Bien
, je t'attends. »


Olivier attrapa sa veste et sorti dans le froid de cette nuit de Janvier. Il remarqua qu'il n'avait plus son écharpe et se prit à sourire en sachant autour de quelle nuque elle pouvait être... Il pouvait même sentir son parfum. « Mais qu'est ce qui m'a pris de lui dire ça ? » se reprocha-t-il.
Lorsqu'il f
ut arrivé dans le hall de l'pital, il reconnu immédiatement Marine et Julia, et après les avoir saluées, il les suivit jusqu'au dernier étage du bâtiment. Il observa la démarche des deux jeunes femmes. Marine avait le pas d'une légèreté flagrante, en la regardant, on la savait heureuse. Quant à Julia, on sentait qu'une profonde tristesse alourdissait sa démarche. Sentant son regard peser sur ses frêles épaules, elle eu un frisson, puis se retourna l'air sévère. Pour seule réponse, Olivier lui sourit, comme d'habitude. Finalement, tous les trois furent accueillis par le Docteur Suarez.

« Bonjour Monsieur Alves, vous allez bien ?

- Bien merci
. J'aimerais que vous m'expliquiez comment ça va se dérouler...

- Mon
frère a toujours eu la trouille des hôpitaux, répliqua Marine, qui regretta immédiatement sa remarque, voyant le regard noir que lui lançait son frère.

-
Oh vous savez, ça arrive souvent ! Mais là, aucune raison de s'inquiéter. On va seulement vous poser un casque d'électrodes sur le crâne, et vous vous endormirez comme d'habitude.

- L
e problème, c'est que je n'ai pas vraiment sommeil !

- N
e t'inquiètes pas, on va te donner un somnifère si tu en as besoin, lui répondit Julia en lui tendant une pastille et un verre d'eau.

- Merc
i...

- Bon,
et bien si vous êtes prêts, nous allons vous poser les électrodes. »


A
ssisté de Marine, Benjamin posa sur la tête d'Olivier un casque d'électrodes de toutes les couleurs. Si il s'était regardé dans un miroir à ce moment là, il se serait trouvé une ressemblance avec une pieuvre.
Ava
nt de s'endormir il put remarquer que la pièce était d'une tristesse à mourir...



____________________________________



Olivier se rendit à son appartement, portable en main, se demandant bien ce que Marianne avait de si important à lui annoncer. En entrant chez lui, il la trouva qui faisait les cent pas dans son salon. Elle avait l'air anxieuse et elle se tordait les mains dans tous les sens, en continuant son va et vient dans toute la pièce. Ses cheveux tirés en arrière lui donnaient un air sévère qui contrastait avec l'appréhension qui se lisait dans ses yeux. Olivier jeta son manteau sur la table basse du salon et s'assis dans son vieux canapé rouge, tout râpé. En voyant Marianne dans un tel état, mille questions se bousculaient dans la tête du jeune homme, elle lui avait donné son anxiété. N'y tenant plus, il se leva, se dirigea vers elle et lui ouvrit les bras. Elle s'y logea en blottissant sa tête contre son cou.


« Ca v
a pas hein ? lui demanda-t-il doucement.

- A vrai dire, j'ai quelque chose à t'annoncer. Mais... J'sais qu'entre nous c'est pas le top en ce moment alors, ça tombe plutôt mal. »


A p
résent, ce n'était plus le doute qui envahissait Olivier, mais la peur. Il comprenait petit à petit de quoi il pouvait s'agir, et il ne se sentait pas du tout près pour ça. Doucement il s'écarta de la jeune femme, et se mit à tourner en rond. Marianne baissa la tête, redoutant le moment où il faudrait lui dire enfin, pour qu'il comprenne, qu'il sache. Prenant une grande respiration elle souffla :


« Alor
s tout d'abord, j'sais pas comment c'est arrivé. Ces dernières semaines, on s'est un peu forcés... par habitude sans doute. J'suis enceinte Olivier, enceinte... »


Marianne baissa les yeux en achevant sa phrase. Elle avait insisté sur le dernier mot qui était tombé, comme un couperet sur la gorge d'un condamné. Olivier ne disait rien, se contentant de fixer maladroitement une affiche dans son salon. Complètement abasourdi, il était incapable de prononcer un mot. Ils restaient coincés dans sa gorge, refusant de sortir. Il s'assit brutalement dans ce canapé, comme irrésistiblement attiré par lui. D'un coup, il comprit la pomme qui avait atterris sur la tête de Newton plusieurs siècles auparavant.
Marianne n'arrivait plus à se contenir. Elle s'effondra en larmes dans ce salon qui avait abrité bien des joies plusieurs semaines avant. Elle s'adossa à la table basse, et ramena ses genoux vers sa poitrine. A présent elle paraissait transie de froid, glacée par la froideur de l'expression d'Olivier. Il ne se résolvait toujours pas à dire un mot, rien qu'un tout petit mot.
Blessée pa
r sa torpeur, Marianne se leva brutalement, attrapa son manteau au vol, et s'enfuit vers la porte, les larmes aux yeux et du rimmel plein les joues. Ce n'est que lorsqu'il entendit la porte de son appartement claquer qu'il sortit de ce mutisme qui l'avait empêché de parler.
Il cria
.
« Attends !
»

# Posté le jeudi 04 janvier 2007 18:19

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:03

[ 23 ] C o m b i e n . j ' v o u s . d o i s ?

[ 23 ] C o m b i e n . j ' v o u s . d o i s  ?
.
Paris, 7 Janvier 2007


Olivier se réveilla en sursaut. Le souffle lui manquait et c'est en sueur qu'il cherchait à enlever ce casque qu'il avait sur la tête. Les électrodes s'emmêlaient au dessous de sa tête, et il commençait à paniquer. Respirer. Il voulait sortir pour respirer. Il sauta de ce lit d'hôpital dans lequel il se trouvait, chercha ses affaires qu'il enfila à toute vitesse, et ouvrit la porte. Il gratifia l'infirmière d'un sourire, et évita le regard de Suarez qui cherchait vainement à le retenir avec des mots. Il prit l'ascenseur et sorti en courant, n'entendant pas les appels que lui lançait la secrétaire, pour qu'il signe une feuille de décharge.

Enfuit
. Il s'était enfuit... apparemment, c'était sa grande spécialité. L'air du petit matin était frais, et la buée collait aux vitres. Il s'amusa à souffler pour évacuer son trop plein d'émotions ; de la fumée s'échappait doucement de sa bouche. Il marchait dans les rues déjà animées de Paris à la recherche d'un endroit où se poser tranquillement. Son regard s'arta alors sur un café qu'il connaissait bien, c'était là qu'il l'avait rencontrée. Elle était seule et écrivait un article. La vocation de Marianne avait toujours été de faire éclater la vérité, qu'elle soit gênante ou non, elle s'était donc tout naturellement tournée vers le journalisme. Olivier, quant à lui, ne trouvait pas vraiment sa place dans cette vie et rêvait d'un avenir proche où les jours lui seraient meilleurs. Il était diplômé d'une Ecole de Cinéma mais ne trouvait pas de travail... manque d'ambition ? Manque de détermination ? Peut importe, cette vie là lui pesait et il cherchait une échappatoire à ce monde dans lequel il se sentait prisonnier. Aussi bizarre que cela puisse paraître, ces deux êtres qui n'avaient pas grand-chose en commun se sont trouvé et très vite les choses sérieuses ont commencés entre eux. Malheureusement au bout de six mois, Olivier s'était déjà lassé, et Marianne était bien accrochée. Afin d'éviter de lui faire de la peine, il s'étaient installés dans la routine, et il continuait à chercher une échappatoire.
Avan
t de repenser à tout ça, Olivier avait eu le temps de s'installer à une table et de prendre une consommation.

« Combien
j'vous dois ? Demanda-t-il à un serveur.

- Ca fer
a 2 Euros 50 s'il vous plait. »


Olivier fouilla dans ses poches pour trouver de la petite monnaie, il sorti quelques pièces. Voyant qu'il en manquait pour faire le compte, il plongea à nouveau la main dans sa poche et senti sur sa peau le contact d'un petit objet froid en métal. Etonné, il sorti cette clé de sa poche et la posa sur la table en la contemplant. Il posa ses doigts sur le bout doré et appuya sur les creux. Il l'avait touchée tellement de fois, et tout ça lui revenait d'un coup... Il fallait bien que ce souvenir resurgisse.
Plongé
dans ses pensées, il ne remarqua pas le serveur qui commençait à s'impatienter. Il regardait et touchait toujours cette petite clé, comme si il eût s'agit d'un trésor. Le jeune serveur dont la patience avait atteint ses limites, lui déclara :

«
C'est bon M'sieur... J'vous fait cadeau des 10 cents !

- Ah.
.. Je... Heu... Merci ! »

Il se le
va calmement et se dirigea vers le Métro. Lorsqu'il descendit il marcha jusqu'à un immeuble qu'il reconnu immédiatement. Il ouvrit la grille et pénétra dans la petite cour. Les appartements situés au rez-de-chaussée arboraient fièrement de nombreuses fleurs en pots à leurs balcons. Ils avaient même, pour certains, un petit écriteau avec inscrit « Ville Fleurie 2006 » Il regarda de tous les tés et trouva la porte qu'il cherchait. Il s'en approcha doucement, et enfonça la clé dans la serrure...

# Posté le samedi 06 janvier 2007 18:11

Modifié le jeudi 08 février 2007 11:04

[ 24 ] J' a r r i ve !

[ 24 ] J' a r r i ve !
.

/!\ Prénoms changés /!\


Marine sortit son beeper de sa poche et regarda le message qui s'affichait. Le numéro de Julia y était inscrit, immédiatement elle la rappela.

«
Julia ?

-
Viens dans le bureau de Benjamin... Il t'attend.

-
J'arrive ! »


Le
ton de sa voix, d'un naturel calme, était devenu angoissé. Pourquoi Suarez voulait-il la voir de si bon matin ? Sans attendre elle sortit de son bureau et avança jusqu'à celui de son collègue. Elle bouscula quelques infirmières et ambulanciers qui avaient eu la maladresse de se trouver là. Elle s'excusa rapidement et continua sa route. Elle entra dans le bureau où Suarez l'attendait. Il était assis à son bureau et Julia déjà présente, se trouvait debout à côté de lui. Marine sentait bien que quelque chose se tramait derrière tout ça et s'assis en face d'eux


« Je v
ois que vous avez fait un effort pour arriver le plus vite possible, contrairement à d'habitude, je vous en félicite !

- D'
habitude mon travail ne vous pose aucun problème, je ne...

-
Allez droit au but Monsieur Suarez, je pense que Mademoiselle Alvès doit savoir, déclara Julia afin de couper court à leur discussion.

-
Qu'est ce que je dois savoir... ? demanda-t-elle inquiète en regardant son amie.

-
Si vous me laissiez parler vous seriez déjà au courant !

- C'est peut ê
tre le moment de parler justement ...

- Bien
... Votre frère s'est enfuit de l'hôpital en trombe ce matin.

-
Pardon ? Et... Et toi tu ne m'as rien dit ? reprocha-t-elle à Julia qui ne la quittait pas des yeux.

-
J'viens de l'apprendre, comme toi !

- Mais
c'est dingue ça ! Mon frère est admis hier soir ici et aujourd'hui il s'est enfuit ! Il a signé une feuille de décharge au moins ?

- Il n'a pas
écouté la secrétaire à l'accueil !

-
Mais vous n'êtes... qu'un incapable doublé d'un connard qui se surpasse chaque jour en mesquinerie contre ses employées !!

- Je ne vous permet pas de m'insulter comme ça, s'énerva à son tour Benjamin. »


Sentan
t qu'encore une fois toute cette discussion allait être stérile et qu'elle pourrait nuire à l'avenir professionnel de son amie, Julia prit Marine par le bras et l'entraîna hors de la pièce.


«
Mais qu'est-ce qui te prends ?

-
Je... Il a laissé filer mon frère !

- Ce n'est pas
une raison pour l'insulter.

- Tu s
ais que je veux tellement l'aider. On avait peut être trouvé une solution pour qu'il arrive à se souvenir... Et Suarez le laisse filer, sans même signer une feuille de décharge ! Si il arrive quelque chose on n'est pas...

- Att
ends, attends...Tu es bien en train de me parler de responsabilité...

- Oui...

- Alors que tu es en rogne contre Suarez parce qu'il l'a laissé filé en pleine nature ?

- J'
admets que c'est paradoxal.

-
En effet.

- Je m'inquiè
te plus pour la responsabilité de l'hôpital que pour mon frère... ! Oh... Mais tu m'as manipulée, s'étonna Marine en riant.

- Oui
désolée, mais je n'supporte pas de te voir dans des états comme ça ! »


Marine lui sourit et la serra dans ses bras en signe de remerciement.


« Eco
ute, ton frère est responsable, et j'suis sûre qu'il n'est pas en train de commettre une de ses erreurs qu'on fait lorsqu'on s'enfuit d'un hôpital !

- De q
uoi tu parles ? demanda Marine un sourire aux lèvres.

- J'en
sais rien, j'disais ça pour tenter de te rassurer, affirma-t-elle en riant.

- A
llez, viens, j'lui passerai un coup de fil tout à l'heure. »


Les deu
x femmes s'apprêtaient à se quitter lorsque Marine interpella Julia, déjà à l'autre bout du couloir, et lui dit « Merci... de tout ce que tu fais pour nous ! »

J'ai changé le montage...
C'est celui que m'a offert Laetitia
Je l'adore ^^ Il est magnifique !
Merci <3

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 09:34

Modifié le jeudi 15 février 2007 15:10